Matinhos

L’itinéraire de notre voyage est relativement peu préparé. Certes nous avons annoté des points d’intérêts dans notre carnet, mais vu que rien n’est réservé à l’avance, cela nous laisse toute latitude pour aller où bon nous semble, le temps que nous souhaitons, selon les conseils et opportunités qui se présentent à nous. C’est ainsi qu’après Morretes, nous projetions d’aller sur la Ilha do Mel, une ile paradisiaque. Seulement, nous sommes en plein été et les tarifs sont assez élevés. Mais surtout les prévisions météo sont très pessimistes, annonçant fortes pluies et vents pour les jours à venir. Nous avons donc décidé d’annuler notre idée initiale et de prolonger de quelques jours notre séjour dans notre petite cabane. C’est à ce moment précis que nos anges du voyage se sont manifestés: cette fois-ci il s’agit d’Ana et Claudio (de Curitiba) qui nous proposent les clés de leur appartement à Matinhos. Il ne nous a pas fallu longtemps pour accepter l’idée de passer cinq jours au soleil en bord de mer. On aime bien l’idée d’alterner avec des séjours dans les terres et d’autres en bord de mer. On sait bien qu’après le Brésil, on ne profitera plus des plages de la même manière…

Matinhos est principalement une cité balnéaire. D’ailleurs toute la côte est urbanisée. Point intéressant, les constructions cessent après quelques km dans les terres, là où commence la zone protégée de la mata atlantica (forêt). Autre curiosité, le vieux village au sud de la ville, où se trouvent le marché aux poissons ainsi que tous les pêcheurs et leurs bateaux, stationnés sur la plage. La promenade de plusieurs kilomètres est sympa, et même dans ce genre d’endroit hyper touristique, on peut s’inventer des aventures sauvages, comme dans cette ile inhabitée, accessible à pieds à marée basse, que l’on a visitée avec Mathias.

Finalement, nous avons bien profité de la plage, et avons même assisté pendant 1 heure, à une très impressionnante averse accompagnée d’orages non moins violents, réfugiés in-extremis dans una sorbeteria (magasin de glaces) pour le plus grand bonheur de Mathias. La promenade sur la plage maintenant désertée nous a livré des images d’apocalypse balnéaire, les plagistes ayant dû fuir précipitamment, accablés sous les assauts de la pluie, leurs montagnes de détritus abandonnées… Bon, concernant cette dernière vision, malheureusement pour la Pachamama, l’averse ne peut être tenue pour entièrement responsable. En effet, depuis le début de notre voyage, nous sommes effarés par l’attitude désinvolte de beaucoup de personnes concernant la gestion des déchets. Il est par exemple courant de voir des tas de canettes et autres détritus, abandonnés là sur la plage par les vacanciers. Ils font la fête, consomment et polluent à outrance. C’est ainsi que beaucoup de déchets plastiques terminent dans l’océan. Mathias avec ses rêves de sauver les animaux (notamment les tortues marines), commence à comprendre que la tache ne sera pas aisée, tant que nous ne cesserons pas d’être aussi égoïste et courtermistes.

Nous avons reçu la visite éclair de nos amphitryons que nous avons souhaité inviter à manger, chez eux. La postérité retiendra que j’ai probablement préparé le pire repas de ma vie, au point que le poisson cuit au four, immangeable, finira à la poubelle (poisson pêché du matin même, que j’avais pourtant pris soin d’aller chercher directement chez un pêcheur). Notre séjour s’achève déjà, le temps passe toujours trop vite. Cette étape sous le soleil et le bon air marin nous aura bien requinqués, c’est ainsi que nous poursuivons notre bout de route en direction de Blumenau, avec une étape à Joinville.

Un avis sur « Matinhos »

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